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Fête des mères en France : origines, traditions et pourquoi on la célèbre le dernier dimanche de mai

Chaque année, c'est le même rituel. On se rappelle deux semaines avant (ou la veille, pour les plus téméraires) que la fête des mères approche. On cherche une idée de cadeau, on envoie un message dans le groupe familial, et on se retrouve le dimanche autour d'un déjeuner.

Mais d'où vient cette tradition ? Pourquoi la France la célèbre-t-elle à une date différente du reste du monde ? Et comment est-on passé du collier de pâtes au cadeau personnalisé ?


Les origines antiques : bien avant les cartes Hallmark

L'idée d'honorer les mères remonte à l'Antiquité. Les Grecs célébraient Rhéa, mère de Zeus et des dieux de l'Olympe, lors de cérémonies printanières. Les Romains avaient les Matronalia, des fêtes en l'honneur de Junon, déesse du mariage et de la maternité, célébrées le 1er mars.

Ces fêtes n'étaient pas exactement la fête des mères qu'on connaît — c'étaient des célébrations religieuses liées à la fertilité et à la maternité en général. Mais l'idée de consacrer un moment de l'année aux mères est donc vieille de plusieurs millénaires.


La fête des mères moderne : une invention américaine

La version moderne de la fête des mères est née aux États-Unis au début du XXe siècle. En 1908, Anna Jarvis organise une cérémonie en mémoire de sa propre mère à Grafton, en Virginie-Occidentale. Son objectif : créer un jour où chaque enfant honorerait sa mère.

Elle mène campagne pendant six ans. En 1914, le président Woodrow Wilson officialise le deuxième dimanche de mai comme Mother's Day aux États-Unis.

Ironie de l'histoire : Anna Jarvis finira par détester ce qu'est devenue sa création. Elle passera les dernières années de sa vie à combattre la commercialisation de la fête, qu'elle jugeait contraire à l'esprit original — un hommage sincère et personnel, pas un prétexte pour vendre des fleurs et des chocolats.


Et en France ? Une histoire bien différente

En France, la fête des mères a un parcours propre, parfois controversé.

Les prémices (1906-1920)

En 1906, le village d'Artas en Isère organise une cérémonie pour honorer les mères de familles nombreuses. C'est souvent cité comme la première fête des mères française. En 1918, la ville de Lyon institue une "Journée des mères" pour rendre hommage aux mères ayant perdu des fils pendant la Première Guerre mondiale.

L'entre-deux-guerres et Vichy

C'est dans les années 1920 que le gouvernement français commence à promouvoir la "Journée des mères de familles nombreuses", dans un contexte de politique nataliste — la France avait perdu 1,4 million d'hommes pendant la guerre et voulait encourager les naissances.

Le régime de Vichy (1940-1944) reprend et amplifie cette fête dans le cadre de sa propagande "Travail, Famille, Patrie". La Journée des mères est officiellement célébrée le 25 mai 1941. Cette association avec Vichy a longtemps jeté une ombre sur la fête en France.

La loi de 1950

Après la guerre, la République remet les pendules à l'heure. La loi du 24 mai 1950 fixe la fête des mères au dernier dimanche de mai, sauf si ce jour coïncide avec la Pentecôte — auquel cas elle est reportée au premier dimanche de juin.

C'est cette loi qui est toujours en vigueur aujourd'hui. Et c'est pour ça que la date de la fête des mères en France ne correspond pas à celle de la plupart des autres pays (qui la célèbrent le deuxième dimanche de mai, comme aux États-Unis).


Pourquoi la date change chaque année

La règle est simple mais crée de la confusion chaque année :

  1. La fête des mères tombe le dernier dimanche de mai
  2. Sauf si la Pentecôte tombe ce jour-là
  3. Dans ce cas, elle est reportée au premier dimanche de juin

En 2026, la fête des mères en France tombe le 31 mai.

Cette particularité française fait que les Français vivant à l'étranger (ou ayant de la famille dans d'autres pays) se retrouvent souvent à souhaiter la fête des mères deux fois — ou à l'oublier une fois sur deux.


Le collier de pâtes : un passage obligé

Qui n'a pas fabriqué un collier de pâtes, un cendrier en argile (même si maman ne fume pas), ou un poème écrit au feutre sur une feuille pliée en quatre ?

Le cadeau fait main à l'école est une tradition quasi universelle en France. Les enseignants y consacrent des séances entières dans les semaines précédant la fête. Et malgré leur côté rudimentaire, ces cadeaux sont souvent ceux que les mères gardent le plus longtemps.

Pourquoi ? Parce qu'un cadeau fait par son enfant, même maladroit, porte en lui une intention pure. C'est le temps passé, l'effort fourni, et la fierté du gamin qui tend son œuvre qui créent la valeur. Pas le matériau.

Cette intuition — que c'est l'intention et la personnalisation qui font la valeur d'un cadeau — ne s'efface pas avec l'âge. Elle évolue. Le collier de pâtes devient un objet personnalisé avec une photo, un prénom, un souvenir. Le support change, mais l'esprit reste le même.


Comment les Français célèbrent-ils la fête des mères aujourd'hui ?

Selon les sondages, voici comment les Français fêtent leurs mamans :

  • Un repas en famille : le déjeuner dominical reste le cœur de la célébration. Soit au restaurant, soit chez les parents, soit chacun apporte un plat.
  • Des fleurs : les fleuristes réalisent leur deuxième meilleur chiffre d'affaires de l'année après la Saint-Valentin.
  • Un cadeau : parfum, bijoux, objets de déco, livres... et de plus en plus, des cadeaux personnalisés.
  • Un coup de fil : pour ceux qui sont loin, l'appel vidéo a remplacé la carte postale.
  • Le petit-déjeuner au lit : un grand classique, surtout quand les enfants sont petits (et que le plateau arrive avec plus de miettes que de tartines).

Ce qui a changé ces dernières années, c'est la recherche de sens dans le cadeau. De plus en plus de gens veulent offrir quelque chose de personnel plutôt qu'un cadeau générique. Un objet qui raconte une histoire, qui porte un souvenir, qui montre qu'on a pensé à la personne.


La fête des mères dans le monde : des dates et des coutumes variées

La France n'est pas le seul pays à avoir ses particularités :

  • Royaume-Uni : le "Mothering Sunday" se fête le quatrième dimanche de Carême (mars), une tradition liée à l'Église anglicane.
  • Éthiopie : la fête dure trois jours et s'appelle "Antrosht". Les filles apportent des légumes, les fils de la viande, et toute la famille chante et danse.
  • Thaïlande : célébrée le 12 août, jour de l'anniversaire de la reine Sirikit. La fleur associée est le jasmin.
  • Mexique : le 10 mai, fixe chaque année. Les mariachis jouent "Las Mañanitas" dès le matin.
  • Japon : le deuxième dimanche de mai, comme aux États-Unis. Les enfants offrent des œillets rouges.

Chaque culture a trouvé sa manière de dire merci aux mères. Les dates et les rituels changent, mais le sentiment est universel.


Le vrai cadeau

Au-delà des fleurs, des chocolats et des objets, ce que les mères apprécient le plus, c'est le temps et l'attention. Un appel sincère vaut plus qu'un colis expédié sans mot. Un après-midi passé ensemble vaut plus qu'un bijou offert à la va-vite.

Le cadeau idéal, c'est celui qui combine les deux : un objet qui porte une attention particulière — un souvenir, une photo, un mot — offert avec du temps passé ensemble. C'est la version adulte du collier de pâtes : maladroit peut-être, mais sincère.

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